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The Dark Knight de Christopher Nolan

Le grand moment de l’été Blockbuster 2008 est arrivée dimanche (pour mes amis Frenchies ce sera le 13 août). Je vous le dis d’entrée de jeu et sans détour: c’est une bombe, une future référence qui va rendre toute nouvelle tentative de film de super héros sans idées et sans ambition totalement ridicule.

The Dark Knight, c’est l’histoire des parrains de la mafia qui sont embêtés par Batman et par Harvey Dent, le nouveau procureur de Gotham. Le Joker leur propose de supprimer Batman. Autour de cette trame plutôt claire viennent s’articuler des scènes d’action de qualité supérieure et quelques propositions intéressantes sur la nécessité de soigner le mal par le mal (Batman), l’importance des symboles (Dent) et la folie furieuse (Le Joker). Résultat : un scénar plus qu’honnête qui alterne sans temps mort moments de bravoure bandants et faces à faces délectables. Enfin élément qui a son importance : le final est extrêmement digne et pas hollywoodien pour un sou.

Dans tout film de super héros, la qualité des scènes d’action est prépondérante. Entre la très bonne intro qui présente le Joker, l’entrée ultra véner de Batman, une scène vertigineuse entre les gratte-ciels de Hong Kong et une poursuite digne de ce nom, rien à redire. On a affaire à des gens qui savent faire et on ne peut qu’applaudir à cette débauche de gros moyens utilisés judicieusement, sans pour autant s’en extasier outre-mesure.

La vraie victoire du Dark Knight est dans ses personnages et ses acteurs. D’abord Batman est enfin au cinéma le mec borderline qu’il est dans les meilleurs comics. Le Bruce Wayne trop présent de Batman Begins s’efface pour laisser la place à un Batman sombre et déterminé à casser des genoux. Halleluhia. Ça donne à Christian Bale l’occase de la faire sobre, ce qui n’est pas plus mal.
Moins sobre que Kiki: Aaron Eckhart dans le rôle d’Harvey Dent. Le mec a la gueule de l’emploi et fait le job à la perfection.
Mention bien à Gary Oldman qui campe un Gordon très juste, proche de l’idée qu’on se fait du bonhomme après voir lu des trucs comme Dark Knight de Miller ou The Long Halloween de Loeb et Sale.
Les seconds rôles (Michael Caine, Maggy Gyllenhall, Morgan Freeman) font eux aussi un boulot propre, toujours là où on les attends mais sans fausse note.
Mais la Star, la Superstar, la Gigastar du film, c’est bien sûr Heath Ledger dans le rôle du Joker. Pour commencer son rôle est bien écrit : fini la grosse gaudriole et la démesure baroque de Nicholson chez Burton. Place à un mec inquiétant, qui ressemble plus à un évadé d’hôpital psychiatrique qu’à un clown. Au delà de ces éléments qui ont quand même dû bien l’aider, Heath Ledger balance une perf hors du commun qui a dû lui demander pas mal de boulot. Son Joker est un type crasseux, un peu voûté, aux cheveux verdâtres parce que crados, au maquillage dégoulinant, tout en tics et en regards pas francs du collier. Avec un couteau dans les mains, ce mec fait vraiment flipper.

On sort de là avec le sentiment qu’aujourd’hui Hollywood ne s’est pas foutu de notre gueule. Pas étonnant que les fans et Geeks ricains aient été aussi unanimes. Le carton du film aux US et bientôt dans le monde, probablement boosté par la mort de Heath Ledger pose une question intéressante : les studios vont-ils arrêter de donner au public ce qu’ils croient être bon pour lui ? En d’autres termes va-t-on voir plus de blockbusters qui ressemblent à de vrais films ? Une chose est sûre : le genre Super Héros a maintenant un avant et après Dark Knight de Nolan.

Vous jugerez sur pièce dans 2 semaines.

What if an alien joined Vikings to fight dragons in a movie?

They’ve done it, and it’s called Outlander. Ouch.

The Happening de M. Night Shyamalan

Ca devait bien finir par arriver: dans le dernier film de M. Night Shyamalan, la nature n’est pas contente et elle le fait savoir aux hommes. Sa théorie (fumeuse) prête aux végétaux le pouvoir de libérer un gaz qui donne envie aux humains de mettre fin a leur jours. L’événement est narré via la cavalcade du couple Mark Whalberg - Zooey Deschanel, accompagnés comme il se doit chez Shyamalan d’un enfant. Leur fuite de ce qu’ils croient d’abord être une attaque terroriste les emmène de Philadelphie à une petite ville, puis les confine à l’isolement en rase campagne.
The Happening parle évidemment de l’Amérique et d’écologie, mais aussi de terrorisme et d’armes à feux, et surtout d’autodestruction. Il rappelle sans trop se mouiller qu’il y a plus matière à flipper de la déforestation ou des tarés à la gâchette facile que des attentats d’AL Qaeda, et Shyamalan fait vraiment mouche lorsqu’il illustre le suicide calme et conscient de notre civilisation : hommes et femmes se suppriment sans hésiter par balles (on y revient) ou à l’aide de machines polluantes (voiture, motoculteur). Comme toujours il réussit à susciter le flip finement, en suggérant plus qu’en montrant et la volonté implacable qui pousse les gens à se suicider est presque plus troublante que leur mort elle-même.
A part la grande force de ces quelques scènes, il faut bien avouer qu’on se fait un peu chier. Mark Whalberg peine à porter le film. Le problème c’est qu’il repose beaucoup sur lui, notamment dans les scènes où la pression retombe. Ce manque de tenue du leading role enferme The happening dans une succession de moments de grâce noyés entre des scènes assez moyennes.
Quoi qu’il en soit, Shyamalan fait partie du club fermé des cinéastes qui ont l’art d’exprimer un point vue pertinent sur la société à travers des films destinés à vendre des seaux de popcorn. Même si The happening n’est pas aussi scotchant visuellement et haletant que la guerre de monde de Spielberg, il va dans le même sens que son maître, et il mérite d’être suivi.

Nothing in the cinema

When there’s no new cool film to see in the cinema, there are still tons of old films to see at home.
The Assassination of Jesse James by the Coward Robert Ford
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Sometimes when looking for small gems you miss massive diamonds. I was spending my time (and my money) on an average of 4 films a week at the London festival when The Assassination of Jesse James by the Coward Robert Ford was released (it was part of the festival too). If I had known how good a film it was I would have seen it instead of some bad Anime or a poor French film I saw during the Festival. Anyway, the mistake has now been fixed. The assassination… is a western that doesn’t have much to do with dawn duels and saloon brawls, but more with thoughtful cowboys and their changing emotions. It tells of the evolution of Robert Ford’s feelings of admiration frustration and jealousy towards Jesse James. I really liked Casey Affleck in Steve Buscemi’s Lonesome Jim, and he confirms here that unlike his brother he was present when the talent for acting was distributed in the Affleck family. Brad Pitt does the job as usual and the few other guys (Sam Rockwell, Paul Schneider) are very good too. On top of their great acting The assassination… is one of the most visually beautiful films I have seen lately: cinematographer Roger Deakins delivers another remarkable piece of work after No Country for Old Men.
Into the wild
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Sean Penn tells the true of story of Chris McCandless (Emile Hirsch) who gave all his money to a charity and hitchhiked his way to Alaska. Like in all initiation stories, the people and places seen on the path are at least as important as the objective. It’s very rare when movies that want be touching actually are, but the combination of Penn’s direction and Hirsch’s possessed performance make it happen. Into the Wild fulfills its ambition of being a simple, beautiful and sensitive film.


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